• Georges Lane

Le dernier simulacre du partage des bénéfices

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Après avoir discuté du “pouvoir d’achat” tout en refusant d’examiner aucun des choix politiques qui permettraient de le relever, les hommes de l’État nous servent comme diversion le bouc émissaire des prétendus “profits”.
Georges Lane et François Guillaumat répondent. C’est par nature que le profit ne se partage pas : il est le produit d’un Droit préexistant, d’accords passés en vertu d’expériences que l’ingérence étatique traite par prétérition, et d’intérêts responsables auxquelles elle ne peut que nuire. Il n’y a rien de plus anti-naturel que de mettre en cause le profit et la spéculation puisque l’un et l’autre sont ce qui inspire toute action humaine.

→ Texte : Pascal Salin : “Le profit ne se partage pas”

 
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Mercredi 25 février 2009
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9 avis d'auditeurs

  1. Pierrot de la Luna commenting on Le dernier simulacre du partage des bénéfices
    Pierrot de la Luna a dit le Mercredi 25 février 2009 à 21:19

    J’ai déjà dit (je ne sais plus où : sur le FL ou ici même ?) que le seul moyen réel de partager les bénéfices avec les salariés consiste pour les salariés à investir dans les actions des entreprises. Ce qui s’appelle en français la participation.

  2. G.L. commenting on Le dernier simulacre du partage des bénéfices
    G.L. a dit le Jeudi 26 février 2009 à 11:43

    Désolé, cher Monsieur, mais comme on a essayé de l’expliquer dans la conversation, les bénéfices ne se partagent pas car ils ne tombent pas du ciel. Etant donnés les droits de propriété de chaque être humain, les bénéfices résultent des “bonnes” actions de chacun.

    D’accord avec vous qu’on vise des profits en choisissant d’”investir dans les actions des entreprises”.

    Mais pas d’accord que ce choix soit “ce qui s’appelle en français la participation”.
    La “participation” en question n’est qu’une réglementation étatique donnant aux syndicats un poids supplémentaire et injustifiable dans l’entreprise. Elle détruit le respect des droits de propriété et, par conséquent, ces derniers et, plus généralement, la société libre.

    Merci pour le message.

  3. Pierrot de la Luna commenting on Le dernier simulacre du partage des bénéfices
    Pierrot de la Luna a dit le Jeudi 26 février 2009 à 14:04

    Bonjour Professeur !
    Je vous ai donné la vision de (ce que j’ai compris de) la doctrine sociale de l’Eglise sur la participation. Que cette vision ait ensuite été déformée dans les faits par les communistes ou par les hommes de l’Etat suite aux demandes des communistes n’a rien de surprenant. Cela a encore des conséquences aujourd’hui. Le site “Les manants du roi” a fait un article sur Eiffage alors que le groupe constructeur du viaduc de Millau était menacé par une O.P.A. de son concurrent espagnol Sacyr. Or, les salariés détenaient une minorité de blocage empêchant ce rachat (je crois 35%, il faudrait retrouver l’article). Que croyez-vous que les syndicats, C.G.T. en tête, ait recommandé aux salariés ? Eh bien, tout simplement de vendre leurs actions pour augmenter leur pouvoir d’achat ! Et dire qu’après ça, elle va reprocher aux patrons de s’enrichir sur le dos des salariés par les stock-options, non mais, on croit rêver !!!
    Bien à vous,

    Pierrot

  4. Immel commenting on Le dernier simulacre du partage des bénéfices
    Immel a dit le Samedi 28 février 2009 à 0:30

    Émission très utile, avec une bonne exposition des idées de propriété et de profit. On devrait parler davantage de “partage des risques” que de “partage des bénéfices”; les défenseurs de la participation oublient toujours de parler du partage des pertes.
    Il est arrivé une fois que dans une entreprise américaine, à la fin du XIXe siècle, des patrons ont instauré la participation. Un jour, profitant de leur absence, les ouvriers étaient allés rejoindre les grévistes de leur profession, qui réclamaient la réduction de la journée de travail à huit heures. Après quelques jours, les patrons de retour, qui constatèrent une perte de cinquante mille francs, mirent fin à la participation.
    Peut-être que la participation libre, avec des ouvriers plus au fait de leurs intérêts,limiterai les grèves, non?
    Enfin,j’aurais aimé avoir votre avis sur le lien entre participation et encouragement.
    Cordialement
    Immel

  5. G.L. commenting on Le dernier simulacre du partage des bénéfices
    G.L. a dit le Samedi 7 mars 2009 à 13:45

    Les ouvriers sont au fait de leurs intérêts dès lors qu’il n’y a pas des hommes des syndicats privilégiés qui les désinforment.

    Et pourquoi mettre l’accent sur les ouvriers ? Pourquoi ne pas le mettre sur les médecins, de plus en plus bêtes noires des hommes de l’Etat et des syndicats ? Je vous renverrais à * http://blog.georgeslane.fr/category/Economie-appliquee-de-lorganisation-de-la-securite-sociale/page/18
    ou à
    * http://blog.georgeslane.fr/category/Economie-appliquee-de-lorganisation-de-la-securite-sociale/page/10

    Reste qu’en plus chacun n’a pas le temps de s’informer comme il le devrait, c’est tout le problème.

    Il s’ensuit qu’il faut naviguer entre informations et désinformation pour bien contracter avec autrui, point de départ de la vie en société.

    “Participation” et “encouragement” au sens où ces mots végètent dans le vocabulaire politique contribuent à la désinformation et au maintien des privilèges que le législateur a donné aux hommes de l’Etat et des syndicats prétendument représentatifs.

    Internetttement vôtre.

  6. Herodote commenting on Le dernier simulacre du partage des bénéfices
    Herodote a dit le Mercredi 11 mars 2009 à 17:25

    je crois que le meilleur moyen de partager les bénéfices avec les employés est de leur verser un salaire!C’est tout bête!
    Je ne sais pas comment s’appelle cette maladie, très contemporaine?, qui consiste à en rajouter une couche, toujours et toujours! Même en grammaire, j’ai appris que la négation [ne, pas] fut redondante en son temps. Au [ne] on se cru obligé d’ajouter le [pas]…

  7. Claurila commenting on Le dernier simulacre du partage des bénéfices
    Claurila a dit le Lundi 16 mars 2009 à 17:43

    Ca existe en breton aussi.
    Mais par définition un salaire n’est pas un bénéfice, un bénéfice n’est pas un salaire.

  8. Sabine Guerry commenting on Le dernier simulacre du partage des bénéfices
    Sabine Guerry a dit le Mardi 17 mars 2009 à 10:11

    Il est intéressant de constater que le partage des bénéfices dont
    parle M Sarkozy n’est autre qu’un système de bonus tel que celui qui a
    été mis en place par les grandes banques.

    Après avoir crié au capitalisme sauvage, et fustigé la culture du «
    bonus », la classe politique, les syndicats et la presse proposent maintenant d’étendre la rémunération sous forme de bonus à toute l’économie.

    En apparence, il n’y a en effet aucune différence entre le « partage des bénéfices » et une politique salariale du bonus, si ce n’est le nom. « Bonus » sonne comme un surplus d’argent pas mérité, alors que «partage » sonne comme une action généreuse envers des nécessiteux.
    Mais dans les deux cas c’est une partie des bénéfices qui est
    redistribuée aux salariés.

    Le moment paraît donc bien mal choisi proposer une telle mesure, alors
    que toute la classe politique critique les entreprises qui l’ont déjà mise en œuvre.

    On peut se demander comment de telles contradictions dans le discours de Mr Sarkozy n’aient pas encore été relevées.

    Il y a toutefois une nuance entre les bonus et le ‘partage des profits’ proposé:

    La rémunération sous forme de bonus est personnalisée : chaque employé
    reçoit un bonus en fonction de sa propre performance. Et c’est cette
    personnalisation qui a justifié les bonus, dans une industrie ou la
    performance personnelle est mesurable et ou les sommes en jeu sont si
    considérables qu’on ne peut pas se permettre –disent les banquiers –
    de ne pas avoir les meilleurs. Ces bonus sont discrétionnaires dans
    leur montant global et dans leur répartition, dans le but de motiver
    le personnel. Ils sont entièrement personnalisés.

    Le partage des revenus en revanche ne sera pas personnalisé. Une fois
    les accords d’entreprise signés, l’argent partagé et redistribué ne
    sera pas lié à la performance individuelle de chacun, perdant du même
    coût sa fonction essentielle de motivation du personnel et de
    récompense de la performance.

    Il sera beaucoup moins modulable dans son ensemble, puisque contractuel pour son montant, probablement en pourcentage du profit.
    Il ne sanctionnera pas la performance personnelle, mais sera un « dû »
    dès lors qu’il y aura du profit et sera partagé en pars égales entre
    tous les salariés- peut-être modulées toutefois en fonction de leur
    rang (cadre- non cadres, coefficient..)

    C’est-à-dire que le partage des profits ne viendra pas sanctionner la
    performance personnelle, mais la performance collective.

    Le mot « partage » ne désigne donc pas ici seulement le partage entre
    les actionnaires et les salariés, mais aussi entre les salariés eux-mêmes.

    Voilà donc reformulés les fondements du socialisme. Il ne consiste plus en une lutte des classes entre capitalistes et salariés, mais en une opposition entre deux modes de rémunérations des salariés.
    L’un sanctionne la performance individuelle: c’est du ‘Capitalisme sauvage’.
    L’autre sanctionne la performance collective: c’est un partage (juste)
    des profits, conforme à l’esprit de la ‘Solidarité’.

    Que le capitaliste partage ses profits avec ses employés n’est pas suffisant pour satisfaire les socialistes, si ces profits sont distribués de façon discrétionnaire et individualisée. C’est même inacceptable! Sauvage! Ce qui est important, c’est que ce soit pour
    tous les salariés de la même entreprise la même chose, quelle que soit par ailleurs la qualité de leur travail.

    Il y a donc ici une double critique faire : d’une part sur le bien
    fondé du partage des profits, que vous avez faite, mais d’autre part
    sur le fait que les politiciens –conseillés par leurs fonctionnaires-
    fustigent un mode de rémunérations propre au secteur privé qui récompense la performance, pour en proposer un autre, très similaire à celui qu’ils critiquent, mais qui reflète la culture de la fonction publique c’est-à-dire un mode de rémunération aristocratique, en fonction du statut et des quartiers de noblesse –alias la fonction et le coefficient hiérarchique- et non plus en fonction de la performance.

    C’est le contraire du « travailler plus pour gagner plus » qui fut le slogan principal de la campagne de Mr Sarkozy.

    Les profits- qui incarnent la rémunération de la performance- seront
    amputés d’un tiers pour être redistribués de façon uniforme au sein de l’entreprise. La culture capitaliste disparaît progressivement pour
    laisser la place a celle des fonctionnaires.
    Avec le partage des profits, les hommes de l’Etat font donc d’une
    pierre 2 coups :

    D’une part ils parviennent à re-distribuer de l’argent auquel ils
    n’avaient pas accès car il n’est pas possible en ce moment d’augmenter
    les prélèvement obligatoires. Hors le niveau de vie des salariés du
    privé a baissé pendant que celui des fonctionnaires augmentait et le
    partage des profits est la réponse aux plaintes des salariés du privé.

    D’autre part ils propagent – en utilisant des arguments sociaux- la culture du travail de la fonction publique, en critiquant une rémunération de la performance, les bonus, pour proposer une
    rémunération collective liée au statut, les profits partagés.

  9. Sebaneau commenting on Le dernier simulacre du partage des bénéfices
    Sebaneau a dit le Mardi 17 mars 2009 à 15:01

    En fait, si on impose ce type de rémunération, il ne sera pas très différent du salaire, et le reste des bénéfices, ceux que l’on continuera à traiter comme tels, s’ajusteront à la hausse pour compenser ; et les salaires officiellement considérés comme tels s’ajusteront à la baisse.

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