• Maxence Caron

Julien Gracq : sens historique d’un décès

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Quand Julien Gracq s’éteint dans cette France sans pensée, sans style, sans arts, sans élégance et sans avenir, ce n’est pas seulement un grand écrivain qui meurt, car un grand écrivain ne meurt assurément pas, mais à travers la disparition de ce seul et dernier symbole physique qui pouvait encore nous faire accroire que la déperdition générale était exorable, c’est la mort intégrale du génie littéraire d’un pays qui résonne comme un glas n’ouvrant sur aucun au-delà derrière la masse de ses fontes. Gracq note lui-même dans Lettrines II que « depuis vingt-cinq ans les très grands noms de la peinture et de la littérature s’en vont l’un après l’autre, non pas, on dirait, comme se renouvellerait une académie idéale, non pas pour laisser la place à des illustrations plus jeunes et plus fringantes, mais plutôt comme on coche, année après année, les noms dans une promotion exceptionnelle et fermée ». Julien Gracq avait su sentir que s’amorçait ce global pourrissement des œuvres littéraires à l’époque où l’inaltérable sienne triomphait et s’imposait comme ce qui allait être, nous le savons désormais, le chant du cygne français.

 
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Jeudi 25 décembre 2008
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